Tribune collective : Sous le Strass, le corporatisme d’un monde libéral et antiféministe

Depuis quelques années, les médias de gauche ouvrent leurs colonnes à une obscure association corporatiste se présentant comme le Syndicat des « travailleuses du sexe » (Strass). Cette association, portée par un projet profondément libéral, vise à soumettre l’ensemble des activités humaines aux logiques du marché capitaliste. Son projet s’oppose à toutes les femmes qui luttent contre les violences qui leur sont faites, au premier rang desquelles se trouvent les violences sexuelles.

Les positions du Strass sont en opposition radicale avec les organisations qui défendent le droit des salarié-e-s. La position des syndicats les plus combatifs et de la majorité de la gauche est très claire à l’égard de la prostitution. « Dans la prostitution, la personne est engagée tout entière ; il n’y a plus de séparation entre elle et la fonction qu’elle occupe. Pour nous, la force de travail physique ou intellectuelle est à distinguer de l’intimité. Le sexe doit rester une barrière, il est du domaine de l’inaliénabilité. Tout ne se vend pas. » Voilà en substance la position de la CGT, par exemple, concernant l’activité prostitutionnelle.
Cette position est historiquement celle portée par la gauche française, qui soutiendra dans sa grande majorité la campagne de Josephine Butler, pionnière de la lutte abolitionniste à la fin du XIXe siècle. Le Parti communiste, comme d’autres partis de gauche, a lui aussi affirmé maintes fois son positionnement abolitionniste et s’est prononcé en faveur de la pénalisation des clients. Du côté de Marx, la prostitution est une activité qui n’ouvre pas sur une contradiction porteuse d’émancipation comme c’est le cas pour l’ouvrier, mais une activité seulement destructrice de l’individu.
Alors que le nombre de personnes se trouvant sous le seuil de pauvreté ne cesse d’augmenter dans ce pays, les médias de masse font sans relâche la promotion de la prostitution. Ils recourent au vocabulaire de la « travailleuse du sexe » et soutiennent que la prostitution serait un « travail comme un autre » en donnant régulièrement la parole au Strass. Or, ce « syndicat » est en réalité une association loi 1901. Il est signataire de la charte du Global Network of Sex Work Project (NSWP), lobby mondial en faveur du système prostitutionnel. La charte du NSWP prévoit d’inclure à la fois les femmes prostituées, les « intermédiaires » et les « managers » (autrement dit des proxénètes) sous le vocable de « travailleurs du sexe ». Cela s’appelle une corporation.

En fait, un syndicat doit faire preuve d’une totale indépendance à l’égard de l’employeur. Ce n’est manifestement pas le cas du Strass puisque ses principales revendications portent sur « la dépénalisation du proxénétisme et le refus de pénaliser les clients. Autrement dit, garantir et préserver la liberté pleine et entière d’exploiter ! » soulignent Sophie Binet et Sabine Reynosa, de la CGT.
Le Strass tout comme Médecins du monde France (contrairement à Médecins du monde Espagne qui se bat pour l’abolition de la prostitution) ont saisi le Conseil constitutionnel en janvier 2019 pour demander la suppression du délit « d’achat d’un acte sexuel sur les enfants, les personnes handicapées, les femmes enceintes et les personnes vulnérables », arguant que ces catégories de personnes pouvaient elles aussi « consentir ». Leur argumentaire juridique consiste à soutenir que « pénaliser le client » porterait gravement atteinte « à la liberté individuelle, la liberté contractuelle et la liberté d’entreprendre » ! Discours classique de l’idéologie libérale qui fait abstraction de l’atteinte à la dignité des personnes prostituées et ne dit rien des violences qu’elles subissent au quotidien.

Rappelons que 80 % des personnes qui « consentent » à subir des pénétrations sexuelles non désirées sont des personnes étrangères et que 90 % sont des femmes. L’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans et leur espérance de vie moyenne est de 34 ans ! La prostitution est une domination de classe profondément misogyne, raciste et LGBTphobe. C’est aussi un système largement pédocriminel (enfant-e-s et adolescent-e-s étant source de plus de profit).
En outre, les corporations comme le Strass veulent revenir à une conception archaïque du viol, en refusant de considérer qu’une pénétration obtenue sous la contrainte de l’argent du « client » prostitueur ou d’un proxénète soit un viol. Pourtant, l’immense majorité des viols sont commis sans violence, par le biais de stratagèmes, de rapport de forces moral et de sidération psychique. Les mêmes mécanismes qui rendent possible la soumission des personnes victimes de prostitution.
Ainsi, sous couvert de défendre des personnes prostituées, ces corporations sont des chevaux de Troie réactionnaires, gouvernés par un projet ultralibéral et antiféministe visant à décriminaliser le viol sous contrainte morale pour permettre la régulation des rapports sexuels sous l’égide d’un marché capitaliste. Cela représenterait un recul civilisationnel considérable.

Décès de Gisèle Halimi – Une grande dame nous a quittées

Féministe et avocate, elle a défendu sans faillir les droits des femmes.

Sans jamais faiblir, elle a mené les combats de notre époque : pour la défense des femmes qui avaient bravé l’interdiction d’avorter, avec le procès de Bobigny et le Manifeste des 243 ; pour la reconnaissance du viol comme un crime…

Avec courage, elle a toujours été du côté des opprimé.e.s, luttant avec les algérien.e.s pour leur indépendance, avec les palestine.ne.s pour défendre leurs droits à leur territoire…

C’était une femme de convictions, ayant construit ses valeurs de justice, de solidarité, d’empathie avec les femmes que le machisme et la société patriarcale oppriment. Cest une femme de haute qualité qui vient de nous quitter.

Nous, les femmes, lui devons beaucoup.

Faisons en sorte que l’Histoire ne l’oublie pas, et qu’ainsi les nouvelles générations la connaissent et la reconnaissent.

C’est une grande perte ! Nous ne l’oublierons pas – Nous continuons ses combats.

Marche Mondiale des Femmes France

Nicole, de la MMF Montpellier, nous a quitté-es

Nous avons la tristesse de vous annoncer la mort de notre amie Nicole Nourigat, militante de la MMF Montpellier depuis le début de notre mouvement en 2000, et de notre secrétariat depuis 2010.

Avec sa seule volonté, elle a réussit à organiser de nombreux événements féministes, sachant réunir des associations, des organismes ou des individu.e.s sur la même cause, celle des femmes. Sans faire de bruit mais avec une grande ténacité elle s’est fait connaitre à Montpellier dans sa défense des droits et des libertés des femmes.

Elle souffrait d’un cancer depuis 2 ans, en toute discrétion.

Les mots qui viennent, quand on parle de Nicole, c’est : adorable, gentillesse, douceur, écoute, endurance, convictions. Nous l’aimions beaucoup, elle faisait l’unanimité.

Tu nous manqueras tellement Nicole !

Elle a voulu des obsèques avec sa seule famille. Un femmage s’organise avec ses ami-es de Montpellier.

Toute nos condoléances à sa famille.

Le secrétariat de la Marche Mondiale des Femmes : Nelly – Marie-Thérèse – Horiya – Sylvette – Corine – Catherine – Maryline – Fraçoise
Nous avons la tristesse de vous annoncer la mort de notre amie Nicole Nourigat, militante de la MMF Montpellier depuis le début de notre mouvement en 2000, et de notre secrétariat depuis 2010.

Je ne suis pas à vendre !

Réponse à la Dépêche du Midi du 17 mai 2020

Marche Mondiale des Femmes Occitanie, Collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des femmes, Le Cri

Nous, Marche Mondiale des Femmes Occitanie, Collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des femmes et association Le Cri, membres d’ABOLITION 2012, considérons que l’achat d’actes sexuels est une extrême violence subie par les femmes prostituées. Grâce à nos actions et à nos luttes, une loi interdisant l’achat d’actes sexuels a été votée en 2016. Cette loi pénalise le client-prostitueur et a permis l’annulation de la pénalisation pour racolage. Lire la suite

MMF : NON à la GPA !

Nous, femmes de la Marche Mondiale des Femmes, sommes choquées à la lecture de l’article sur la GPA, de Barabara Krief, dans l’Obs n° 2898

Seul le désarroi des parents « d’intention » est largement énoncé comme une souffrance, rien n’est dit de la souffrance et de la situation des mères de substitution, rien n’est dit sur la situation de l’enfant, de la rupture du lien charnel construit pendant la grossesse entre la mère porteuse et lui, rien n’est dit non plus du détournement de la loi par les parents « d’intention » et rien n’est dit du lien entre la GPA et le trafic des êtres humains. Lire la suite