Avec les personnes prostituées, contre le système prostitueur !

Mobilisation nationale pour l’accès aux droits et aux parcours de sortie de la prostitution établis par la loi du 13 avril 2016.30171216_961529227335277_1724852015490801222_o

RASSEMBLEMENT

jeudi 12 avril – 18h30

Place Hédouard Herriot – Près Assemblée Nationale

Et dans d’autres villes : Strasbourg, Metz, Nice, Nantes…

 

Deux ans après l’adoption de la loi visant au renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel et à l’accompagnement des personnes prostituées, les 60 associations de lutte contre les violences sexistes et sexuelles du collectif Abolition 2012 lancent une mobilisation nationale, avec les personnes prostituées, pour l’accès aux droits et la sortie de la prostitution. Des rassemblements se dérouleront dans plusieurs villes de France les 12 et 13 avril (voir liste ci-dessous).

Deux ans après le 13 avril 2016, l’heure ne peut être qu’à un bilan d’étape : à plusieurs égards, cette loi-cadre commence seulement à être mise en œuvre. 55 personnes bénéficient aujourd’hui d’un parcours de sortie de la prostitution, assorti le cas échéant d’un titre de séjour permettant de travailler et d’une allocation financière. Tous les acteurs réunis au niveau départemental dans les commissions de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains se retrouvent engagés à leurs côtés pour les soutenir dans ces parcours. Par ailleurs, plus de 2000 « clients » ont été verbalisés et des stages de responsabilisation ont été organisés dans 4 départements (voir communiqué Abolition 2012 du 29 mars ci-dessous).

C’est un début prometteur qui montre que la loi est un outil qui fonctionne. Nous demandons que le Gouvernement et le Président de la République s’engagent à présent à aller plus loin dans la mise en œuvre de la loi, pour que les milliers de personnes qui souhaitent avoir accès à ces nouveaux droits le puissent.

En se mobilisant pendant près de sept années en soutien de l’adoption de la loi du 13 avril 2016, les associations abolitionnistes et féministes ont permis que s’ouvrent de nouveaux droits pour les personnes prostituées et victimes de la traite des êtres humains

– Abrogation du délit de racolage
– Extension de la possibilité d’indemnisation des victimes
– Automatisation de l’octroi du titre de séjour pour les victimes qui coopèrent avec la police
– Accès à des parcours de sortie de sortie de la prostitution
– Accès à des autorisations provisoires de séjour (même sans coopération policière) avec permis de travailler et à une allocation spécifique
– Accès prioritaire au logement
– Création d’une circonstance aggravante pour toute violence à l’encontre d’une personne prostituée
– Coordination de l’ensemble des acteurs/trices au sein des commissions départementales.
Ce sont nos associations d’accompagnement quotidien des personnes prostituées et des victimes de violences sexuelles et sexistes qui ont porté cette mobilisation historique.

Avec le mouvement #MeToo et l’engagement du Président de la République qui a décidé de faire de l’égalité femmes-hommes la grande cause du quinquennat, il est inimaginable que la voix des personnes prostituées ne soit pas entendue, que tous les moyens ne soient pas mis en oeuvre pour l’application effective de la loi.

Si nous continuons à nous mobiliser aujourd’hui, c’est que nous voulons qu’un maximum de personnes puissent avoir accès à ces nouveaux droits.

De leur côté, ceux qui s’opposent de façon dogmatique à la loi au nom de la reconnaissance idéologique du « travail du sexe » n’ont rien obtenu pour les droits des personnes. Aujourd’hui, au lieu de s’emparer de la loi et de se mobiliser pour que les personnes en prostitution puissent obtenir ces droits, ils se contentent d’empêcher qu’elle puisse produire des effets. A leurs yeux, ce serait à cause de la loi et depuis sa mise en œuvre (très partielle par ailleurs) que la prostitution serait soudainement devenue un monde de violences, d’exploitation et d’abus par les clients de la prostitution.

Ce qu’ils proposent – légalisation ou dépénalisation du travail du sexe, ce qui revient au même- a pourtant fait la preuve à travers le monde de son échec. Les législations allemande et néerlandaise de dépénalisation du proxénétisme et d’impunité pour les acheteurs de sexe, au nom de la « légalisation du travail du sexe » ont lourdement échoué à mieux protéger les personnes prostituées, et ont contraire favorisé l’exploitation sexuelle des êtres humains.

Face à cette attitude, nous affirmons aujourd’hui que la loi est bonne, et qu’il faut qu’elle soit mise en œuvre pleinement.

C’est pourquoi nous réitérons notre appel au Gouvernement en faveur d’ une mise en œuvre pleine et entière, et sur tout le territoire, de l’ensemble des dispositions prévues par la loi française, et notamment :

· Engager les préfet.e.s qui ne l’ont pas encore fait à mettre en place au plus vite une commission départementale de lutte contre le système prostitutionnel dans leur département ;
· Engager l’ensemble des procureur.e.s à rendre effective l’interpellation des clients prostitueurs et à mettre en place les stages de responsabilisation prévues par la loi ;
· Garantir que les nouveaux droits établis par la loi du 13 avril 2016 ne soient pas remis en question par d’autres politiques (migratoire, budgétaire)
· Garantir notamment que le statut de victime de la prostitution, du proxénétisme et de la traite des êtres humains et le droit afférent d’obtenir un titre de séjour de protection, avec accès au marché du travail, priment sur toute autre considération et politiques préfectorales ;
· Augmenter les moyens des associations de soutien aux personnes prostituées et aux victimes de violences sexuelles sous toutes leurs formes afin de leur donner les moyens effectifs d’accompagner les victimes dans leur accès aux droits ;
· Interdire l’adoption d’arrêtés municipaux qui contreviennent à l’esprit de la loi en maintenant une forme de répression à l’encontre de personnes prostituées ;
· Accélérer la mise en place de formations spécifiques à destination de tou.te.s les professionnel.le.s ;
· Garantir l’application de la loi française en matière de proxénétisme, y compris sur Internet ;
· Déclencher, comme le prévoit la loi, un plan national de prévention des risques prostitutionnels et d’éducation à une sexualité égalitaire.

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